Se (re)trouver – Une vie en accord avec la personne que l’on est

J’avais envie d’écrire ce que je pense du fait de se (re)trouver, de manière souple, sans chercher à être parfaite. Je vais surtout mettre l’accent sur cette épreuve, qu’on expérimente parfois, quelle qu’elle soit, et qui retentit sur tout le reste de notre vie.

De l’enfance à l’âge adulte, on traverse de nombreuses étapes, sans même le comprendre. Je vois ce chemin comme un tunnel qui rétrécit, à travers lequel il va falloir lâcher des choses, laisser des petits bouts de son âme, et parfois s’abandonner soi-même.

L’enfance est un état de vie qui nous permet de rêver sans barrières, de rêver le monde, la vie. C’est un état dans lequel, en principe, notre créativité et notre imagination sont au summum, dans une quasi-totale absence de peur.

Malheureusement, au fur et à mesure, beaucoup de facteurs peuvent restreindre ces capacités voire les anéantir. Les parents peuvent rejeter sur l’enfant leurs frustrations, leurs craintes, leurs regrets. Ils sont souvent eux-mêmes dépassés. Or, l’enfant a confiance en ses parents, c’est eux qui dictent ce qu’il faut ou ne faut pas faire, qui apportent les premières barrières et règles. De plus, c’est d’abord auprès d’eux qu’il recherche une première forme de reconnaissance. Il veut les rendre fiers.

En plus du comportement des membres de la famille, les images, sons et pensées du monde extérieur (bien représenté par les médias) se font envahissantes.

Sur ce chemin, au fur et à mesure, il devient difficile d’entendre nos propres pensées, ces pensées indépendantes qui planent sans entraves. Et rares sont ceux dont l’entourage mettra tout en oeuvre pour qu’ils puissent s’accaparer et apprivoiser leur personnalité et leur caractère, développer consciemment leurs propres valeurs, s’écouter et savoir à quoi ils voudront dédier leur vie.

C’est comme ça que nous nous laissons happer. Nous ne nous oublions pas puisque nous n’avons pas appris à nous connaître. Nous ne savons pas ce que nous aimons, ce qui nous passionne et nous fait vibrer, ce à quoi nous aspirons. Nos rêves? Nous ne nous souvenons pas en avoir eu un jour…

Il faut travailler, payer ses factures. Tout cela dans un monde où il vaut mieux avoir un titre et entrer dans les standards de beauté pour être reconnu et « exister ». Comme des machines, on acquiert des automatismes. On erre dans le temps et l’espace. Et on s’en contente en appelant ça « la vie ».

Jusqu’à ce qu’on se heurte à quelque chose que certains appelleront « échec », à une maladie ou un accident, au décès d’un être cher.

Pour les plus attentifs, l’expérience sonnera comme un gong. Une alerte pour nous pousser à nous (r)éveiller, car rien n’arrive par hasard. La mission que l’on nous confie à cet instant précis est claire : prendre les décisions qui doivent être prises, changer ce qui doit être changé. Tout cela en faisant un choix, global et essentiel, principal et primordial, entre deux opposés : mettre notre vie en accord avec notre personne (mais quelle personne? quelle personnalité? quels traits de caractère? quelles valeurs? quelle passion? quel rêve?) ou continuer à s’ignorer.

Décider de mettre sa vie en accord avec sa personne (après avoir pris le temps de la connaître), c’est tout simplement faire le choix de vivre. C’est construire une existence solide et lumineuse, qui apportera la satisfaction à laquelle chacun aspire. La vision s’éclaircit, la relation avec soi est remodelée, plus souple, les interactions avec les autres deviennent plus simples.

Tout cela prend du temps, demande de l’engagement et du sérieux. Quant au bonheur quotidien, il n’est pas assuré pour autant car il s’en va parfois. Mais, c’est la vie qui prend tout son sens. Et mieux vaut tard que jamais.

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