La lecture comme source

La lecture, c’est pour les autres?

Je suis toujours étonnée et agacée de tomber sur des gens qui croient que, pour être un lecteur, il faut avoir une sorte de don pour ça… À les entendre, on naît lecteur. Le bébé naît avec un livre entre les mains, ou pas… Il est donc un lecteur en devenir, ou pas…

Certes, les enfants dont les parents ont une bibliothèque et lisent partent avec un avantage. Mais on s’y met à tout âge, en lisant des choses qui nous plaisent.

Le problème, je crois, c’est ce besoin de concentration que demande la lecture. Pour lire, il faut être capable se concentrer. Je conçois bien qu’aujourd’hui c’est un peu plus difficile : internet et toutes les informations que nous recevons sans cesse ne nous aident pas. C’est facile de regarder des photos, des images et des vidéos, d’autant qu’elles sont toutes à notre portée via notre téléphone, du réveil au coucher et à n’importe quel moment de la journée. Ça ne nous demande aucun effort, juste…du temps, beaucoup de temps. Mais sincèrement, quels seniors et vieillards nous ferions après des dizaines d’années de gavage, à s’abreuver d’images? Images qui, souvent, ont pour seule vocation de nous rendre de plus en plus bêtes, de moins en moins aptes à réfléchir et à remettre en cause le fonctionnement d’une société voire du monde. Parce que c’est exactement ce que l’on ne veut pas : que les gens aient un esprit critique, remettent en cause des systèmes bien établis et qui fonctionnent bien (car ils rapportent à un petit groupe), se révoltent. Alors, on crée de quoi nous occuper. On invente des plateformes et des réseaux entiers d’informations inutiles qui s’enchaînent de partout et sont accessibles à tous. On nous entraîne à la déconcentration, à la distraction, et à la consommation.

C’est d’ailleurs très significatif que, sur internet, on mette un « temps estimé de lecture » (qui se veut le plus court possible) au début de certains articles, mais pas de chronomètre sur les réseaux sociaux.

Cela étant dit, nous faisons le choix de nous abreuver d’images ou de lire/nous entraîner à lire. C’est une décision, sauf qu’elle est souvent prise inconsciemment, mécaniquement, comme beaucoup d’autres qui opposent la facilité et l’effort.

Je suis convaincue que la liberté est dans les livres, tout en étant contre cette course qui consiste à lire vite et un maximum. Encore une chose dictée par cette société qui prône la performance, la vitesse et la quantité. Il me semble qu’une lecture ne prend de la valeur que si on la laisse décanter, et je ne suis pas sûre que notre organisme soit toujours fait pour la vitesse. Le mieux, je crois, est de lire à notre rythme des livres qui nous apporteront des idées, de nouvelles informations qui étofferont une réflexion. De nouvelles informations qui nous permettront d’être critiques et capables de faire des choix consciemment et pour nous-même.

Ensuite, il faut bien choisir ses lectures, mais ça c’est une autre histoire.

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