Guidée par la foi

Il y a quelques jours, je discutais avec quelqu’un de tout un tas de choses concernant notre domaine de travail. Puis, nous sommes arrivées à mon histoire. Je lui ai fait part de ma décision de changer de domaine, et du chemin que j’avais entamé pour le faire. Et ça n’a pas loupé, elle m’a sorti une phrase commençant par « c’est pas pour te décourager mais… », pour m’expliquer qu’elle connaissait des personnes qui ne trouvaient pas de boulot dans ce milieu. Au final, elle se disait que c’était impossible d’en faire quelque chose, parce que deux ou trois personnes de son entourage y avaient échoué. Je l’ai regardée avec un sourire, puis lui ai répondu quelque chose de vague…

En réalité, j’aurais dû lui dire la seule et unique chose qui me paraît claire : je suis guidée par la foi. Je suis guidée par une foi en mes convictions et, surtout, une foi sans limites en ce qui me pousse à faire ce que je fais. J’arrive à un moment de ma vie où je sens que je ne pourrai plus faire de concessions dessus. Elle n’aurait peut-être pas mieux compris… M’enfin…peu importe. Aujourd’hui et ici je voulais revenir sur cette question de la foi comme guide. Notamment parce qu’à l’instant j’ai eu à l’expliquer, en partie, à l’une de mes anciennes étudiantes.

J’en parle souvent à mon entourage : l’une des questions les plus populaires posées aux coaches de vie etc. est « comment trouver sa passion » ou encore « comment choisir sa carrière ». Et je trouve ça triste… Je trouve ça triste car ça montre à quel point beaucoup de personnes ne savent pas qui elles sont et ce qu’elles aiment. Elles vont alors demander à une personne extérieure, qui ne les connaît sans doute pas et ne les a peut-être jamais vues, comment trouver ce à quoi elles consacreront leur propre vie…

Or, en écoutant ce qui se passe au fond de nous-même, en faisant abstraction du bruit extérieur, on peut trouver les réponses à nos « questions existentielles ».

Tu n’as pas à demander à quelqu’un ce que tu as à faire et quel sens donner à ta vie. Tu le sais.

Seulement, on tourne souvent autour du pot, on essaie de trouver des alternatives, on fait des compromis avec nous-même. On tergiverse. Le besoin d’argent peut aussi inciter à prendre telle ou telle direction, car il en faut pour vivre et certaines carrières permettent difficilement d’en gagner. On peut encore être attirée, durant un temps, par le simple « prestige » d’une profession. Parfois, c’est la peur qui guide : peur d’échouer ou de se tromper (encore) par exemple, peur de s’avouer qu’on voudrait faire telle ou telle chose (qui implique notamment tout un changement de cap, qui peut être long et fastidieux), peur du jugement (surtout lorsqu’une passion demande de s’exposer), etc. On peut ne trouver aucun métier (« classique ») qui correspond à la vision qu’on a, avoir du mal à entrevoir la forme que ça doit prendre.

Mais soyons sincères : quel est le prix à payer pour avoir passé une vie entière à côté de soi? Pour être passée à côté de la personne que l’on est durant toute notre existence? Ou plutôt, ne paierons-nous pas de notre vie ce manque de courage, ce manque d’égard envers nous-même? Attendons-nous vraiment les derniers regrets sur le lit de mort pour nous rendre compte que nous ne faisons pas les bons choix?

Je pense qu’on sera toujours amenée à se poser des « questions existentielles » tant qu’on ne fera pas le choix de se laisser guider par ses tripes. Il faut du courage et, clairement, beaucoup de travail.

Aussi, pour certains domaines, on entend « c’est bouché » ou « ça rapporte pas d’argent ». Ce n’est pas nouveau, d’autant que certains répètent facilement les choses sans fondement qu’ils ont entendu ici et là (ça leur fait simplement du bien de décourager l’autre parfois). On voit pourtant des gens passionnés qui créent, et excellent même, dans ces domaines! Il y a toujours des exceptions, ça aussi on le sait ou on devrait. Ces exceptions, ce sont peut-être justement ceux qui 1) ont cru en eux-même et en la possibilité de faire quelque chose de leur passion et 2) ont travaillé comme des malades. J’insiste encore sur ce 2nd point car, étrangement, nombreux sont ceux qui ne le comprennent pas et qui, notamment, parleront de « chance » ou de « don ».

La boussole est interne, il faut en être certaine et avoir foi en elle. Toutes les personnes que l’on pourra croiser (famille et amis proches compris) sont extérieures à ça. Elles ne comprendront pas forcément ce qu’on fait et/ou n’y croiront pas. Mais ce n’est pas important, d’autant que ça ne pourra éventuellement les concerner qu’indirectement.

Il s’agira donc de travailler en vérifiant constamment cette boussole pour s’assurer que l’on reste sur la bonne direction, et en faisant abstraction du reste.